Marc Villard

LECTURES

The Bridge à la médiathèque de Quimper.

LECTURE JAZZ « THE BRIDGE »

Samedi 23 mars 2019

18h00

Salle Paul Eluard

Hôtel-Dieu de Valognes

Avec Marc Villard, récitant / Virginie Teychené, chant / Gérard Maurin, chant, guitare

Gratuit sur réservation.

Lecture par Marc Villard de textes autour du jazz, et notamment de moments forts vécus aux Etats-Unis par la communauté noire. Des morceaux chantés illustrent les textes ou les moments décrits.


BIOGRAPHIE

Je commence à écrire de la poésie en 1968, après mes études à l’Ecole Estienne.

Au retour du service militaire, je travaille comme graphiste et publie en 71 mon premier recueil de poèmes qui s’intitule l’Amer. J’animerai au fil des ans plusieurs revues avec des amis poètes : Zone avec Arnaudet, Stardust avec Benoit-Jeannin, Le Grand Huit avec Messac, Kaeppelin, Labarrière et Villecrose. A cette époque, je rencontre Delbourg et Francoeur qui resteront des amis. En 74-75, Bernard Delvaille m’intègre dans son anthologie La Nouvelle Poésie Française. Durant dix ans j’écris exclusivement de la poésie et mon fils aîné nait en 1971.

En 1980, je me détache de la poésie pour passer à la fiction. Dans le même temps, j’écris un film pour Juliet Berto. En 1981 paraissent simultanément mon premier recueil de nouvelles, Nés pour perdre, mon premier scénario, Neige, et mon premier roman, Légitime démence, écrit en collaboration. Je commence à rédiger des chroniques de rock pour le Monde de la Musique et, ceci, durant huit ans. Mes fils Romain et Antoine naissent à cette époque. Je publie des romans, des scénarios, des nouvelles et, avec Christine, nous commettons trois aventures littéraires. En 1980, une petite maison d’édition, Hemsé, qui publie six livres. En 1996, un magazine littéraire –Ecrivain Magazine– qui connait cinq numéros (Pennac, Harrison, Charyn, Topor et Ellroy). Enfin, nous créons un magazine, Moisson Noire en 98, dont nous publions un numéro zéro.

J’ai écrit 500 nouvelles depuis 1980 et publié des livres réalisés en collaboration avec des dessinateurs et des photographes ( Loustal, Hyman, Chauzy, Pinelli, Peyraud, Slocombe, Derouineau, Lavenant, Triay, Magre ). Deux années durant, j’ai rédigé une nouvelle inédite pour chaque numéro de Jazzman. J’anime également une collection de novellas chez in8 : Polaroid et je lis mes textes en public ( avec les musiciens Pierrick Pédron, Bernard Lubat, Eric Le Cardinal, Dominique Delahaye ), ce qui est nouveau pour moi.

https://www.marcvillard.net/


BIBLIOGRAPHIE

ROMANS

  • Les Biffins, Joëlle Losfeld 2018

Joëlle Losfeld publie ma novella Les biffins le 1er février. La fille de Bird travaille toujours au Samu et est confrontée à la mort d’un SDF. Elle décide de travailler avec les biffins de la porte Montmartre. L’environnement du crime qu’elle fuyait la retrouvera dans ce nouveau lieu.

Cécile est toujours en mouvement. Quand elle ne parcourt pas Paris en métro pour passer la soirée dans des bars ou pour rentrer chez elle de l’autre côté du périphérique, elle est en maraude nocturne avec le Samu social. Son travail est une réelle vocation. Elle s’occupe, souvent à leur corps défendant, d’une population de SDF, de démunis, de gens qui vivent en marge et s’aventure dans les recoins de Paris qui sont les leurs. Cette vie entièrement dédiée aux déshérités finit par lui peser : pas de temps pour se consacrer à ses passions, pas de temps pour vivre une histoire d’amour. Alors elle décide de changer d’association et de s’occuper des « biffins », ces vendeurs en tout genre qui étalent leurs marchandises aux franges des puces de Saint-Ouen. Cette reconversion qui devait Lui offrir une vie plus calme et plus sédentaire est pourtant obscurcie par le meurtre d’un SDF que Cécile ne parvient pas à ignorer, elle qui a pourtant souvent croisé la mort dans son travail contre le froid et la nuit.


  • Jean-Michel de Brooklyn, Cohen &Cohen 2015

Roman noir autour de Jean-Michel Basquiat situé à New York en 1983.

 » ArtNoir  » est la première et la seule collection au monde entièrement consacrée aux thrillers se déroulant dans le monde de l’art : meurtres de peintres, aventures autour d’un tableau disparu, faussaires assassins, tous les thèmes en rapport avec le microcosme artistique sont développés dans ces ouvrages.

Dans ce roman noir (quel événement !!!), Marc Villard convoque Jean-Michel Basquiat à New York en 1983. Il lui reste alors 5 ans à vivre. Il affole déjà le marché de l’art. Une cour protéiforme l’entoure : son amie, sa galeriste, un ancien camarade de classe faussaire…
Entre ces différents protagonistes, commence un jeu de cache-cache, rythmé par le rock New Pop, la drogue omniprésente et l’envie d’exister aux yeux du monde, ne serait-ce qu’un quart d’heure, comme le suggère Andy Warhol.


  • Ballon mort, Gallimard 1984 et Le Castor Astral 2008

Stéphane Miller travaille comme enquêteur pour une compagnie d’assurances. Un jour, on l’envoie flairer sur la disparition de François Bertolini, célèbre footballeur sur le déclin (34 ans) qui fait encore les beaux jours du club local. Le goleador laisse derrière lui une femme, un enfant autiste. et surtout une impressionnante prime d’assurances. Or, Miller a autrefois bien connu Bertolini. Il part donc pour sa ville natale et sa banlieue, en compagnie de son fils Freddy, un dingue de télé et de ciné. Et ce qu’ils vont découvrir n’est pas joli-joli. Mais ce qui fait la force singulière de ce récit, c’est le ton. Selon Jean-Pierre Énard,  » Villard se montre champion dans le genre balade de cafés tristes en cinoches minables. Les rapports de Miller et de son gamin sonnent toujours juste, et on se laisse prendre à l’atmosphère un peu poisseuse de ce polar.  » À l’évidence, Marc Villard s’est investi à titre personnel dans ce roman, ce qui confère un caractère autobiographique masqué à cette intrigue. Ce livre est aussi à lire comme la nostalgie des années d’enfance où l’on se rêve étoile des verts terrains balisés de lignes blanches, avec le spleen des impers à la Bogart.


  • Le Roi, sa femme et le petit prince, Gallimard 1987 et Rivages 2010

Papa Rousse et ses enfants, Alex et Guigui, vivent dans une ferme isolée de l’Aveyron. Père et fils refusent de travailler et braquent des banques provinciales. Au cours d’un braquage, Papa Rousse est grièvement blessé et, avant de mourir, confie au jeune homme qu’il n’est pas son vrai père. Le père biologique d’Alex n’est autre que Sly Baker, chanteur de rock d’origine américaine, qui connut son heure de gloire dans les années soixante. Alex décide de retrouver ce père mythique qui tombe du ciel. Mais il découvre son géniteur dans une clinique psychiatrique de la banlieue parisienne. Commence pour Alex et Sly une cavale rock‘n’roll…


  • Bird, Joëlle Losfeld 2008

Cécile est secouriste au Samu social. Elle vit à Paris et travaille la nuit auprès des sans-abri. Elle a quatorze ans lorsque son père, un musicien de jazz sur le déclin, disparaît. Cécile grandit dans le manque et le souvenir de cet absent. Elle le croit mort jusqu’à ce que sa grand-mère lui révèle qu’il erre depuis dix ans dans les rues de Paris. Cécile pense alors que son activité lui permettra de le retrouver, et va ainsi, au fil des nuits, à sa recherche, avec l’espoir de le découvrir au milieu des SDF. Un soir, un drame se produira, qui les impliquera tous les deux… Dans la tradition des romans de Marc Villard, Bird emmène le lecteur sur un fond jazzy dans les rues d’un Paris où se côtoie toute une population nocturne parfois violente et souvent désespérée.


  • Quand la ville mord, Suite Noire, 2006

Sara, jeune africaine, débarque à Paris, pilotée par la filière d’immigration clandestine. Faux papiers, avion, passage en douane. Tout ceci n’est pas gratuit et, pour rembourser, elle n’a pas le choix : le tapin. Pas sur les Champs Elysées mais au fin fond de Barbès. La tension monte dans l’ancien squatt corrigé en squatt de passe et Sara, survoltée par l’injustice, finit par éliminer son mac. C’est à ce moment précis que tout se complique pour elle.

 

Aissa MAIGA

  • La Guitare de Bo Diddley, Rivages 2003

Il était une fois une guitare rectangulaire, de couleur bleu caraïbe, sur laquelle était inscrit :  » Bo Diddley, Blue Hawaï N°1.  »
Lorsque Arsène la subtilise en forçant la portière d’une Audi au milieu d’une cité, il ne sait pas que cet instrument a une histoire. Il l’apprendra d’un congolais, lui-même musicien. Ce dernier l’emprunte pour pouvoir se produire dans un club, mais la fourgue au dealer Farid El Attrache en échange de faux papiers. Le trafiquant ne la gardera pas longtemps en sa possession car il se la fait piquer par un chauffeur de taxi. Quel que soit, son propriétaire, cette guitare ensorcelée porte clairement la poisse…
Plus personne n’ignore les rapports passionnés et savants que Marc Villard entretient avec la musique. Ce roman noir et burlesque est son plus bel hommage au rock dont les rythmes n’ont cessé d’imprégner son écriture.


  • Rebelles de la nuit, Le Mascaret 1987, Gallimard 2002


  • La Porte de derrière, Gallimard 1993 et Folio 1999

 


  • Cœur sombre, Rivages 1997

Diana, Alex. L’une est noire et pianiste, l’autre blanche et guitariste. L’une chante, l’autre deale. Entre ces deux femmes blessées, Richard Deville. Il est fou de jazz, il est fou de Diana. Le plus beau jour de sa vie doit être celui de sa rencontre avec Dave Robinson, saxophoniste mythique qui a joué avec Art Pepper avant de sombrer dans la drogue et l’oubli. Mais ce jour-là vire au cauchemar : Diana est assassinée. Dès lors, Richard n’aura plus qu’une idée en tête : la venger. Quelque part sur sa route, il va croiser Alex… Après Rouge est ma couleur, Marc Villard signe un roman noir et lyrique qui est aussi une forme d’hommage à Art Pepper.


  • Corvette de nuit, Fayard 1981/Gallimard 1994

« Edith Starsky, c’est la fille avec le couteau dans le ventre. Dany, l’assassin présumé, s’est évanoui dans la nature et moi, je rêve d’un retour vers le futur. Pour y parvenir, je dois passer par Hambourg, les Beatles et quelques cadavres. Avec, comme récompense, une génuflexion dans la Chapelle Sixties. »


  • La Vie d’artiste, NéO 1982/ Rivages 1993

Lorsqu’on sort du trou, après trente jours passés à l’ombre pour cinq malheureux grammes d’héroïne, on pourrait s’attendre à être reçu avec les honneurs. Mais non seulement elle est avec un type dans une position sans équivoque, mais deux jours plus tard elle finit d’une overdose une vie mal commencée avec, auprès d’elle, assez de came pour faire enfermer tout l’orchestre. Reste à supprimer les objets du délit : la came dans la tinette, le corps dans la chaudière. Puis, rejoindre dans le nord un vieux complice, la Bamba, avec qui on peut se refaire une vie dans le jazz et les combats de coqs. Mais la vie, la vie d’artiste, serait trop simple s’il suffisait d’un peu de distance pour se refaire une virginité. Marc Villard sait faire passer la petite musique lancinante des enfants du siècle, et touche à l’essentiel. » (Jean-Pierre Deloux, Polar) »


  • Le Sentier de la guerre, Gallimard 1985, (épuisé)

« C’est Big Mac, le seul rédacteur en chef qui ne gagne jamais aux courses, qui m’a branché sur le Prisunic Raymond Losserand.
Un fait divers banal, en somme. Si l’on m’avait dit que mon enquête se terminerait face à un M 16 manipulé par un dingue sous acide, je ne l’aurais pas cru. Et pourtant… »


  • La Dame est une traînée, Gallimard 1989


  • Légitime démence, Sanguine 1980.


AUTOFICTIONS

  • Compagnons des forêts, Après la lune 2006, Publie.net 2014

Ce livre publié par publie.net début février 2014 est la version numérique du même livre publié chez Après la lune. Le livre papier n’est plus disponible aujourd’hui. Il s’agit de textes courts concernant mon adolescence dans les sous-bois des Yvelines.

« Cette année scella notre amitié avec les Chassepot. Je revis l’aîné vingt-cinq ans plus tard et, comme il me conduisait en voiture à Paris, j’appris de sa bouche les difficultés que son frère et lui avaient connues dans leur adolescence. Pourquoi ça ? demandais-je. Nous étions Noirs, dit-il comme une évidence. Et, d’un coup, ça me revint : mes meilleurs copains d’adolescence étaient blacks et je n’y avais jamais prêté attention. Je n’étais pas indifférent à mes amis mais, pour des gosses, la couleur de peau importe peu. En fait, cette disparité, c’est bien un truc d’adulte. »

La jeunesse d’un Marc Villard, à quoi cela peut ressembler ? À ceci, en partie : sac à dos bouclé, canadienne sous le bras, les copains à côté et l’alcool au frais, l’objectif est de trouver le meilleur endroit pour planter la tente et d’y faire passer le temps en devisant sur les filles, la musique et le cinéma. À la manière d’un Didier Daeninckx qui nous embarque dans le road-trip de sa vie (Bagnoles, tires et caisses), Marc Villard nous fait partager en quelques courtes tranches de vie, le quotidien d’un Compagnon des forêts, les premières cuites, les premiers jobs, les premières dragues, le premier groupe de rock, sous l’oeil attentif d’un guide spirituel nommé Jeanjean, et avec en fond sonore, les Beatles et Eddy Mitchell. Une plongée dans les sixties mise en rythme par le ton incisif et cadencé d’un Marc Villard qui signe ici un texte autobiographique, déjà publié par ailleurs aux Éditions Après la Lune en 2006.

« Nous, groupe historique des Compagnons des forêts, étions obsédés par l’excellence, les costumes pailletés, les guitares pétillantes, les gros amplis. Nonoss faisait dans la déglingue : punk avant l’heure. Je repensais à toutes ces choses en le contemplant, chez Jeanjean, de l’autre côté de la table. Et je sus, de suite, que notre jeunesse était derrière nous. »


  • Avoir les boules à Istanbul, l’Atalante 2012

 » Je ne suis pas venu ici pour survivre, contrairement à mes collègues. Je suis ici car mon ex, Cynthia, réclame une pension alimentaire et la moitié des lingots d’or que j’ai planqués dans la chambre 7 de la résidence. Va mourir. Salope. »

Coincé à Blainville, dans la Creuse, l’écrivain de polar, Henri Léger, fait face aux poétesses éthérées et aux discussions intellectuelles qui suivent les projections de Mad Men. C’est très dur. Reste le sexe qui, dans cette contrée perdue, peut être compris comme un exutoire à l’autosatisfaction permanente des assistés.


  • Le coup du sombrero, l’Atalante 2008

Dans les années soixante, Jonquet fait rêver les gosses des écoles de football. Un peu plus tard, des joutes improbables accaparent des gamins de banlieue, un aveugle se fait raconter les matches par son voisin complaisant, un rital se fait enterrer derrière les buts de son club de prédilection et le narrateur persiste à penser qu’il est le cador du sombrero, passe de foot consistant à dribbler l’adversaire par les airs. Autour du football, des hommes ordinaires s’époumonnent sur des terrains bourbeux, en route pour une gloire périphérique.


  • Souffrir à Saint Germain des Prés, l’Atalante 2005

 » L’Association des amis du livre et de la bibliothèque municipale de Laval organise un concours de nouvelles – un genre peu prisé dans notre pays qui compte pourtant de grands nouvellistes (Maupassant, Barbey d’Aurevilly, Alphonse Daudet, Marcel Aymé, Marc Villard). Pour participer à ce concours, il suffit d’adresser à la bibliothèque une nouvelle de vingt pages dactylographiées sur le thème du voyage avant le 11 septembre.  » Ceux qui croyaient tout savoir de Marc Villard devront déchanter : il faut aussi avoir lu ce nouveau recueil.


  • Elles sont folles de mon corps, l’Atalante 2003

De temps en temps je me contemple dans la glace et je me trouve vraiment super. Des fois, quand j’ai bobo à mon doigt, je redeviens l’enfant aux boucles blondes qui pleurnichait à cinq ans en réclamant sa maman. Veut-on vraiment voir disparaître une innocence de cette qualité ? Je pose la question à ceux qui régissent le monde car leur responsabilité est fortement engagée.


  • Bonjour je suis ton nouvel ami, l’Atalante 2001

Un personnage que l’on devine n’être ni tout à fait l’auteur ni tout à fait un autre se livre au périlleux exercice de l’autoportrait. Normalement déprimé, parfois cynique, quelquefois pitoyable – par exemple dans ses pathétiques vraies-fausses tentatives de suicides – l’homme, Marc Villard, nous entraîne dans son quotidien de père de famille mangeur de Prozac, dans les couloirs de son entreprise (près du distributeur de sucreries), sur ses lieux de vacances… Vingt-neuf nouvelles comme autant de joyaux qui, finalement, nous racontent aussi nos vies, nos émois, nos doutes, nos lâchetés et nos compromissions. Des textes sensibles, drôles, cruels, acérés, subtils. Et quel style…

Formidable ! Ce recueil de nouvelles est tout simplement splendide, comme l’étaient déjà chez le même éditeur J’aurais voulu être un type bien et Un jour je serai latin lover. Ce troisième tome dans la même veine d’autodérision est aussi fort que les deux précédents. Économe en mots qu’il cisèle et choisit à merveille, désespérément drôle dans sa façon de mettre en scène ces petits riens qui font l’essentiel, Marc Villard est sans doute le meilleur auteur de nouvelles français. Une réputation qu’on lui concède volontiers dans le milieu du polar (lire aussi le sublime et très noir Rouge est ma couleur chez Rivages) mais qu’il n’a pas encore auprès du grand public, ce qui est profondément injuste au regard de l’immense talent dont il fait preuve. À lire séance tenante. –Bruno Ménard


  • Un jour je serai Latin lover, l’Atalante 1998

De jeunes loups ambitieux qui s’affrontent, des employés de bureau terrorisés par un cégétiste enragé, des ivrognes et des drogués, un défilé de haute couture, l’atmosphère sinistre d’un festival du polar, des vacances dans les Alpilles… À travers toutes ces nouvelles, Marc Villard dresse un tableau sans complaisance de la vie d’aujourd’hui où, entre le burlesque du quotidien et le pathétique le plus discret, surgit un personnage qui nous parle en fin de compte de nous-mêmes.


  • J’aurais voulu être un type bien, l’Atalante 1994

« Dur sur l’homme, sobre au sol, royal dans les airs », tel était Robert Jonquet, demi-centre de la grande équipe de Reims. Telle est aussi l’écriture de Marc Villard, poète, nouvelliste et romancier qui aborde ici un genre rare et périlleux: la nouvelle à caractère autobiographique, à travers une succession de clichés pris sur le vif – le vif du sujet bien entendu. Il en naît un personnage, l’auteur, un peu à la manière dont Woody Allen se met en scène. Car ces nouvelles sont souvent drôles, voire burlesques l’homme n’est pas de ceux qui ménagent leur personnage -, parfois discrètement pathétiques. Avec cette vivacité, cette acidité qui caractérisent celui dont on a dit qu’il manie la plus belle plume du roman noir français.